
Il y a quatre ans, le petit Lucas est renversé par une voiture près de son domicile à Reims alors qu’il traversait un passage clouté accompagné de ses parents. Le responsable de l’accident est un automobiliste âgé de 86 ans…. Et atteint de la maladie d’Alzheimer. En France, aucun dispositif légal ne prévoit de contrôle de santé pour les personnes âgées possédant le permis de conduire, et malheureusement, les faits divers engageant la responsabilité de conducteurs âgés et atteints d’Alzheimer se multiplient, prouvant que de tels examens s’avèrent sans doute nécessaires. Nos voisins suisses ont depuis bien longtemps mis en place des examens et des tests à destinations des aînés qu’ils soient ou non atteints d’Alzheimer.
Mieux contrôler les conducteurs âgés ou atteints d’Alzheimer
De notre côté de la frontière, l’absence de contrôle commence à faire du bruit. Aline Samuel, la maman du garçonnet, a décidé d’entamer une procédure judiciaire, en poursuivant l’État, et réclame 40 000 euros de dommages et intérêts. Mme Samuel se bat en effet depuis l’accident pour que le permis de conduire du chauffard soit retiré, en vain.
Le vieil homme malade d’Alzheimer, a simplement écopé d’un retrait de permis de six mois. Aujourd’hui, il conduit encore, un scandale pour la famille, apparemment encore très affectée par l’accident.
Le verdict devrait être prononcé dans quelques jours, et la famille Samuel compte diffuser une pétition pour la création d’une loi pour un meilleur contrôle.
Les dangers d’Alzheimer sur la route
La maladie d’Alzheimer altère fréquemment les capacités de jugement de la personne atteinte, et peut provoquer des accidents. De plus, lorsque la maladie d’Alzheimer est associée à d’autres troubles du grand âge, comme la perte de l’acuité visuelle ou encore la diminution de l’audition, le risque de mise en danger de soi-même et d’autrui est réelle.
La personne âgée rencontrera des difficultés pour évaluer les distances de freinage, et se rendre compte d’un obstacle sur la route. Pourtant, nombre de personnes âgées continuent de conduire, car le papier rose est synonyme de liberté et d’autonomie.
Par ailleurs, les personnes âgées vivant dans des secteurs éloignées du centre-ville et des commerces éprouvent des difficultés à renoncer à prendre leur véhicule, de peur de sombrer dans l’isolement.
Les membres de l’entourage qui tenteraient de les dissuader sont facilement rabroués, car maladie d’Alzheimer ou pas, les aînés voient dans l’abandon de leur voiture un signe d’infantilisation.
Un projet difficile à mettre en œuvre
Aujourd’hui, le seul moyen existant dans l’Hexagone pour retirer le permis à une personne souffrant d’Alzheimer ou n’ayant plus la capacité de conduire est une demande auprès de la préfecture. Un signalement assimilé à de la délation dans l’esprit de nombreuses personnes.
Enfin, les opposants aux contrôles accrus des aînés mettent en avant les autres dangers à l’origine d’accidents de la route : les conducteurs sous l’emprise d’alcool ou de substances illicites, les excès de vitesse commis par des jeunes sortant de discothèque, les chauffeurs-routiers souffrant d’une fatigue importante, bref la liste est longue.
Selon eux, la stigmatisation des personnes âgées au volant causerait du tort à nos aînés.