
Une utilisation à outrance pour des résultats inefficaces contre Alzheimer
Les médecins britanniques prescrivent chaque année des traitements à base d'antipsychotiques à près de 180.000 aînés atteints d'Alzheimer. Selon le professeur Sube Banerjee, auteur de ce rapport et membre du King's College London Institute of Psychiatry, seuls 20 % de ces patients voient leur état de santé s’améliorer !
Le rapport du professeur Banerjee indique également que 1620 accidents vasculaires cérébraux et 1800 décès sont signalés chaque année en Angleterre chez les personnes âgées atteintes d'Alzheimer soignées avec des antipsychotiques.
Une étude effectuée au Royaume-Uni avait déjà signalé en 2007 que les patients atteints d'Alzheimer traités avec ces médicaments décédaient en moyenne six mois avant les patients soignés avec d'autres méthodes. Les principaux médicaments neuroleptiques incriminés sont Abilify (Bristol-Myers Squibb), Risperdal (Johnson & Johnson), Seroquel (AstraZeneca Plc) et Zyprexa (Eli Lilly).
De nombreux effets secondaires chez les patients atteints d'Alzheimer
Outre le danger d'accélération de la mortalité des malades souffrant d'Alzheimer, le rapport Banerjee met en garde contre de nombreux effets secondaires engendrés par l'utilisation inappropriée d'antipsychotiques: il s'agit notamment de problèmes de raidissement des muscles, de sudation et de difficultés pour réfléchir et s'exprimer.
Le professeur Sube Banerjee explique que ces médicaments sont composés de molécules conçues pour traiter la schizophrénie.
Sauf certains cas très particuliers, ce type de molécules ne devrait pas être utilisé pour tenter de soigner d'autres problèmes de comportement. Il en est de même pour les médicaments plus anciens comme la Thorazine et l'Haldol.
Cet avis est également partagé par le FDA, l'agence sanitaire américaine, qui avait émis dès 2005 un avertissement aux médecins concernant les risques de l'utilisation de neuroleptiques pour traiter des personnes âgées atteintes d'Alzheimer.
D'autres méthodes plus classiques sont préconisées pour soigner ces patients, telles que des thérapies comportementales et d'autres techniques de base qui évitent d'avoir recours à ces antipsychotiques controversés.
Le gouvernement britannique convaincu par le rapport Banerjee
Le rapport spécial du professeur Sube Banerjee a visiblement convaincu le gouvernement britannique d'agir concrètement pour mettre fin à l'utilisation erronée des antipsychotiques chez les patients souffrant d'Alzheimer.
"Il est inacceptable que les médicaments neuroleptiques continuent à être prescrits aux personnes atteintes d'Alzheimer", a déclaré le ministre de la Santé Phil Hope lors d'une conférence de presse à Londres suivant la remise du rapport Banerjee.
Le ministre a ajouté qu'il allait désormais œuvrer pour réduire l'utilisation de ces cachets. Pour appliquer cette résolution, Phil Hope a précisé que le gouvernement britannique nommera un responsable chargé de superviser au niveau national les soins donnés aux patients souffrant d'Alzheimer.
De leur côté, la plupart des sociétés pharmaceutiques produisant les antipsychotiques ont publié un communiqué soulignant que leurs médicaments n'étaient pas destinés aux traitements de personnes âgées atteintes d'Alzheimer.