
Vivre aux côtés d’un malade d’Alzheimer est un des stress les plus importants qui soit. Votre proche vous sollicite en permanence et nécessite une surveillance de tous les instants. De plus, si vous le laissez seuls, la culpabilité et l’inquiétude vous assaillent. Cette attention de tous les instants n’est pas sans risque pour la santé. De nombreuses études montrent à quel point les aidants payent leur dévouement, sur le plan personnel, en devant renoncer à des projets importants ou en sacrifiant leur vie sociale, mais surtout au plan de leur santé physique et morale.
– Le risque de surmenage
L’accompagnant principal risque avant tout de succomber au surmenage. En effet, on peut estimer que l’aidant effectue au service de son proche malade l’équivalent du travail de trois équipes professionnelles. Cette charge de travail est d’autant plus dure à supporter que l’aidant refuse souvent de s’avouer son propre épuisement, de confier ses sentiments à son entourage ou de demander de l’aide. A supporter seul ce trop lourd fardeau sur la durée, l’aidant court le risque d’être frappé d’épuisement émotionnel (le fameux « burn out »). Un quart des aidants développent des tendances dépressives. Celles-ci s’aggravent d’autant plus que les aidants se retrouvent souvent très isolés. En effet, l’aide qu’ils apportent les accapare tellement que leurs relations avec leurs enfants ou leur conjoint en souffrent. De plus, cette charge sans répit n’est pas sans risques pour la santé.
- Les répercussions sur la santé de l’aidant
De nombreuses études montrent à quel point l’engagement des aidants a des conséquences sur leur santé. Les aidants sont très nombreux à consulter pour se plaindre de crises d’angoisses, de stress et de dépression. Près d’un sur deux souffre de la fatigue corollaire à leur dévouement intense. Ils se plaignent également de troubles du sommeil, de maux de tête, de maux de dos, et dans une certaine mesure, de prise de poids. Mais outre les effets directs de fatigue et d’angoisse, les aidants négligent souvent de s’occuper de leur propre santé. Celle-ci a donc tendance à se détériorer. Les problèmes qui préexistaient s’aggravent, tandis que de nouveaux ennuis surgissent : hypertension, troubles cardiovasculaires, dérèglements nutritionnels (perte ou prise de poids, désordres digestifs) et fragilité infectieuse.
– Envisager l’avenir
L’aide à apporter à un malade d’Alzheimer doit s’inscrire dans la durée. Or l’importance de la charge et les risques de troubles psycho-pathologiques sont tels pour l’accompagnant principal que c’est paradoxalement son état qui est plus préoccupant que celui du proche dont il s’occupe. Ainsi, on sait qu’il y a plus de 60% de surmortalité chez les personnes qui s’occupent d’un malade d’Alzheimer. Autrement dit, l’aidant risque de mourir avant la personne malade. D’où l’importance de bien organiser le maintien à domicile, incluant de nombreuses aides extérieures, ainsi que des moments de répit. Pour ménager des périodes de vacances à l’aidant principal, on pourra également envisager pour le malade d’Alzheimer des courts séjours en établissement d’accueil spécialisé.