
A l'occasion de la Journée mondiale de l'Alzheimer le 21 Septembre dernier, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) est revenue sur les avancées scientifiques récentes dans le domaine d'Alzheimer, un thème crucial au vu de la pandémie touchant actuellement la planète. 25 millions de personnes dans le monde sont touchées, dont 850 000 en France. Afin de soutenir la recherche, la fondation a investi près de 2,5 millions d’euros pour la seule année 2009. Voici plusieurs pistes récemment explorées pour améliorer le traitement contre Alzheimer.
Améliorer le diagnostic d'Alzheimer
L’imagerie cérébrale offre de nouvelles perspectives d'amélioration du diagnostic d'Alzheimer. Grâce aux technologies de pointe, celui-ci deviendrait plus précis, et plus précoce. Tout d'abord, un logiciel de mesure du volume de l’hippocampe permettrait de diagnostique Alzheimer dès les premiers stades de la maladie.
Par ailleurs, les IRM (imagerie par résonance magnétique) seraient capables de fournir des images de résolution assez précises pour détecter les plaques séniles, témoins du développement d'Alzheimer, sans injecter de ligand marqué. Ces essais, effectués sur l'animal, vont débuter sur l'humain.
La grande révolution en matière de diagnostic d'Alzheimer repose sur la découverte de marqueurs biologiques.
Très récemment, les chercheurs de l'université de Gand en Belgique ont réussi à mettre en évidence, des marqueurs biologiques présents dans le liquide céphalo-rachidien, permettant ainsi de prévoir le développement d’Alzheimer plusieurs années avant les premiers symptômes.
Développer des traitements contre Alzheimer
De nouveaux traitements sont actuellement en cours d'expérimentation pour bloquer la synthèse du peptide amyloïde, protéine incriminée dans la maladie d'Alzheimer.
Les chercheurs se penchent actuellement sur le développement d’inhibiteurs de la gamma sécrétase, une enzyme qui intervient dans la synthèse du peptide amyloïde : les inhibiteurs de la gamma sécrétase empêchent la molécule protéique présente dans le cerveau, baptisée APP, de muter en peptide bêta-amyloïde.
D'autres expériences sont par ailleurs menées concernant l’immunothérapie passive, une technique consistant à donner de manière directe au patient les anticorps anti-peptide bêta-amyloïde, et des molécules d'immunoglobines, et ce, afin de favoriser l’élimination du peptide. Dans la théorie, cette thérapie devrait entraîner moins d’effets délétères.
Trois essais de phase III sont actuellement en cours. Des premiers résultats partiels ont été diffusés, concernant d'une part les patients dénué de l’allèle APOE4 et donc prédisposés à Alzheimer, et d'autre part la diminution de la taille de l’hippocampe.
Prévenir la maladie d'Alzheimer
Des études récentes ont permis de mettre en évidence une faible concentration d'oméga 3 dans le sang chez les patients frappés par la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs explorent donc l'effet des compléments d'oméga 3 dans l'alimentation pour améliorer les capacités intellectuelles des patients.
Une étude scientifique sur le sujet est actuellement en cours, au Gérontopôle de Toulouse, visant à évaluer l'effet d'une alimentation riche en oméga 3, associée à des exercices physiques et intellectuels, sur l’incidence des cas d’Alzheimer. Ces travaux, amorcés en 2008, devraient durer trois ans.