
Une étude récente de l'Institut de Santé publique, d'Epidémiologie et de Développement (ISPED), de l'université Bordeaux-II tend à incriminer les pesticides dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Les conclusions de ces travaux, ont été publiées dans la revue ‘’Occupational and Environmental Medicine’’. Ainsi, c’est en observant l’état cognitif des ouvriers viticoles, fortement exposés aux pesticides au cours de leur travail, que les auteurs sont arrivés à cette conclusion. En effet, les employés de ce secteur d’activité présentent un risque accru de développer une pathologie de type Alzheimer ou apparentée. La maladie d’Alzheimer serait donc une maladie professionnelle ?
Alzheimer: La neurotoxicité des pesticides incriminés
Il est aujourd’hui de notoriété publique que les pesticides sont des produits chimiques très dangereux. Quelque soit le type de substance : insecticides, herbicides ou bien fongicides, les pesticides sont répandus à grande échelle dans les cultures agricoles afin de lutter contre les organismes nuisibles.
L’inconvénient majeur est qu’ils n’agissent pas uniquement sur leur cible première, les utilisateurs humains sont aussi très exposés à ces produits phytosanitaires. Des études précédentes incriminent ces substances dans le développement de la maladie de Parkinson, et aujourd’hui dans le développement de la maladie d’Alzheimer.
Ils se retrouvent dans l’air, l’eau et même dans les aliments consommés. Une présomption de plus en plus lourde pèse sur les pesticides en raison de leurs effets cancérigènes avérés ou probables, ainsi que pour leurs rôles de perturbateurs endocriniens.
D’une manière générale, les pesticides sont accusés d’être à l’origine de nombreuses maladies, telles que les cancers, la baisse de fertilité, la dépression, l’anxiété et mêmes certaines maladies neuro-dégénératives, dont font partie Parkinson et la maladie d’Alzheimer.
2,4 fois plus de risques de développer Alzheimer
Encore une fois, le rôle des pesticides dans la survenue de la maladie d’Alzheimer est avancé. 600 ouvriers employés pour des travaux de viticulture dans une exploitation de la région girondine se sont portés volontaires pour participer à des tests neurocomportementaux. Ces examens ont été réalisés au début de l’étude, et de nouveau 4 ans plus tard.
Les scientifiques se sont rendus compte que la fréquence des troubles neurocomportementaux est directement corrélé au niveau d’exposition aux pesticides.
Plus les personnes sont directement exposées, moins bonne est leur performance aux tests. Ainsi, les salariés chargés de la pulvérisation des pesticides ou de l’entretien des pulvérisateurs, sont considérés comme très exposés et réussissent moins bien les tests.
Une lecture chiffrée des résultats se traduit par un risque cinq fois plus élevé d’obtenir de faibles notes aux tests chez les sujets directement exposés aux pesticides par rapport aux moins exposés.
Par conséquent, les individus exposés 2,4 fois plus de risques de développer Alzheimer, que les individus non exposés.
Réduire l’usage des pesticides pour limiter le risque d’Alzheimer ?
Puisque l’exposition aux pesticides augmente le risque de maladie d’Alzheimer, on peut considérer cette pathologie comme une maladie professionnelle.
La méthode employée par les scientifiques s’appuie sur les mêmes tests neurocomportementaux que ceux utilisés par les médecins pour détecter la maladie d’Alzheimer et d’autres pathologies.
Par conséquent, l’exposition aux pesticides est un facteur de risque considérable dans le développement de la maladie d’Alzheimer et autre maladies neuro-dégénératives.
Certes, le rôle et l’importance des différents pesticides ne sont pas identifiés, mais cette étude témoigne une fois de plus du rôle négatif pour la santé des individus sur le plan cognitif et physique des pesticides en général. Les pouvoirs publics vont-ils limiter l’usage de ces substances nocives ?