
Une récente étude scientifique laissait entrevoir la possibilité d’un ralentissement du développement de la maladie d’Alzheimer grâce aux oméga-3.Or, une nouvelle étude réalisée pas des chercheurs américains montre le contraire. En effet, ces travaux, effectués au sein de l'Université de l'Oregon, n'ont pas permis d'établir un lien de corrélation entre l’absorption d’acides gras oméga-3 par des personnes âgées et le ralentissement d’Alzheimer. Les conclusions de cette étude, menée pas le Dr Joseph Quinn et de son équipe, ont été publiés dans le Journal Of the American Medical Association. Un espoir déçu dans la lutte contre la terrible maladie d’Alzheimer.
Une étude d’envergure contre Alzheimer
L'absorption d'acides gras oméga-3 n'a pas permis de ralentir la progression de la maladie d'Alzheimer chez les patients âgés participant à une étude en partie financée par le gouvernement américain et en partie financée par l'Institut national du vieillissement et le laboratoire Martek Biosciences, fabricant des pilules utilisées dans les recherches.
"Nous espérions fortement constater une certaine efficacité" de ces pilules "mais cela n'a pas été le cas", a déclaré le Dr Joseph Quinn, chercheur à l'Université de l'Oregon et un des auteurs de l'étude, financée à hauteur de 10 millions de dollars.
Publiée mercredi dernier dans la revue scientifique "Journal of the American Medical Association", l'étude a suivi un protocole bien précis.
300 participants, hommes et femmes, d’un âge moyen de 76 ans, atteints de la maladie d'Alzheimer à un stade précoce ou légèrement avancé, se sont vus administrés des pilules de DHA pour le premier groupe ou un placebo pour le second. Et ce, pendant 18 mois.
Des résultats décevants pour les malades d’Alzheimer
A la surprise des chercheurs, les résultats obtenus ont été les mêmes dans les deux groupes. La substance DHA n'a absolument eu aucun effet dans le rythme d’évolution de la maladie. Pire encore, le produit n'a pas marché non plus dans le sous-groupe de malades touchés par un Alzheimer au tout premier stade.
Par conséquent, l'étude "ne permet en aucun cas de conseiller aux individus la supplémentation en DHA pour les patients atteints de la maladie d'Alzheimer", affirment les auteurs de l'étude.
Le DHA (acide docosahexaénoïque), est un acide gras des oméga-3 présent de manière naturelle dans le cerveau de l’humain, mais cette substance n’est retrouvée qu’à un taux très faibles chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.
De précédentes études, portant sur un nombre inférieur de participants et moins rigoureuses, avaient alors montré que la baisse des capacités cognitives pouvait être ralentie ou tout au moins prévenue par la consommation de poisson, principal source d'acides gras oméga-3, ou bien par l’absorption de compléments alimentaires formulés à base de DHA.
L’oméga-3 efficace pour traiter d’autres maladies ?
Il a été prouvé à plusieurs reprises que les oméga-3 possédaient des effets bénéfiques sur les maladies cardiaques. C’est pourquoi ils font l'objet d'études concernant leurs effets réels sur d'autres pathologies, notamment le cancer ou encore la dépression.
Actuellement, les médecins sont impuissants devant la maladie d’Alzheimer. Cette maladie neurodégénérative, qui touche malheureusement plus de 25 millions de personnes à travers le monde, affecte d’abord la mémoire puis le langage et la motricité.