Alzheimer : Les grands fumeurs plus touchés que les autres

Aujourd’hui, les méfaits de la cigarette ne sont plus à démontrer. Le tabac aggrave non seulement de risque de développer des maladies respiratoires mais aussi Alzheimer. C’est en tout cas ce qu’affirme une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Archives of Internal Médecine. Ces travaux ont été réalisés par la chercheuse américaine Rachel A. Whitmer du groupe médical Kaiser Permanente et ses collègues finlandais. Ainsi, les grands fumeurs, consommant deux paquets de cigarette par jour voient leur risque de développer la maladie d'Alzheimer augmenter de 157%. Par ailleurs, ils auraient 172% de risques supplémentaires de souffrir d’une démence vasculaire. A l’heure où la maladie d’Alzheimer est une des pathologies les plus craintes par le public, ces résultats devraient faire réfléchir.

Une étude de grande envergure sur Alzheimer

Le tabac influe de façon négative sur la pression artérielle et le système vasculaire en augmentant la coagulation du sang. Sachant que la santé vasculaire joue un rôle essentiel dans le risque de maladie d'Alzheimer, ces résultats viennent simplement confirmer les lourdes présomptions qui pesaient déjà sur le tabac.

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques américains et finlandais ont mené une large étude entre 1978 et 2008, sur deux périodes. D’abord, les chercheurs ont, entre 1978 et 1985, recueillies des informations médicales sur 21.123 personnes participant à l’enquête et âgés de 50 à 60 ans.

Ensuite, les participants ont été soumis à divers questionnaires et examens destinés à observer le développement de la maladie d’Alzheimer et de pathologies apparentées entre 1994 et 2008. Les résultats bien entendu pris en compte l'âge, le sexe, le niveau scolaire, la situation de famille, et les éventuelles problèmes de santé existants tels que l'hypertension, l'IMC (indice de masse corporelle), le diabète, les pathologies cardio-vasculaires, les antécédents d’AVC et la consommation d'alcool.

Un quart des fumeurs atteinte de maladie d’Alzheimer ou apparenté

Les résultats de cette étude sont édifiants. 5.367 participants ont été diagnostiqués comme souffrant de démence sénile, dont 1.136 d’Alzheimer et 416 de démence vasculaire. Ces conclusions possèdent une valeur très importante, puisque c'est la première fois que l'on étudie la corrélation entre le tabac et la démence sur une période si longue, 23 ans.

Les participants ayant fumé plus de deux paquets de cigarettes par jour ont montré une probabilité augmentée de 157% de développer la maladie d'Alzheimer et une probabilité augmentée de 172% de développer une démence vasculaire, pendant la durée de l’étude.

La démence vasculaire, qui est la forme la plus courante de maladie neurodegénérative après Alzheimer, se manifestent par des symptômes de confusion et désorientation dont l’origine se trouve dans les lésions vasculaires cérébrales.

Arrêter de fumer avant 50 ans pour éviter Alzheimer

Toutefois, les anciens fumeurs, ayant stoppé la consommation du tabac avant 50 ans, ainsi que les fumeurs ne consommant que quelques cigarettes par jour, ne paraissent pas développer dans une plus grande mesure ces pathologies.

Ces travaux montrent donc que le tabagisme important à l'âge moyen augmente sensiblement le risque de la maladie d'Alzheimer et la démence vasculaire tant chez les hommes que chez les femmes, et quelque soit l’appartenance ethnique. L’impact néfaste du tabac sur la santé fait déjà l’objet de campagnes publiques de prévention.

Au vu de ces nouvelles données, il est nécessaire transmettre le message aux jeunes générations. Il n’est jamais trop tard pour arrêter la cigarette.

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