
La science est loin d’avoir percé tous les secrets de la maladie d’Alzheimer. Néanmoins, de nouvelles découvertes s’opèrent constamment dans les pratiques de prévention d’Alzheimer. Parmi les derniers conseils prodigués par les spécialistes, la pratique d’une langue étrangère paraît donner d’excellents résultats dans le domaine de la maladie d’Alzheimer. Ainsi, une étude scientifique menée à Toronto au Canada montre que le bilinguisme pourrait retarder l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer.
200 personnes diagnostiquées Alzheimer analysées
L’Institut de recherche canadien Rotman à Toronto a récemment achevé une étude scientifique publiée dans la célèbre revue américaine «Neurology». Ces travaux ont permis d’étudier en profondeur le lien de corrélation existant entre la maladie d’Alzheimer et le bilinguisme. Une étude semblable avait été menée en 2007 à l’Université York à Toronto. Les chercheurs avaient alors conclu que l’usage à long terme de deux langues ralentirait l’évolution de la maladie d’Alzheimer et d’autres pathologies apparentées.
Pour ce nouveau projet, l’Institut Rotman a analysé méthodiquement les dossiers de plus de 200 patients pour lesquels un diagnostic probable d’Alzheimer a été posé. «Le bilinguisme n’empêche pas les gens de développer la maladie d’Alzheimer, explique la co-auteure de l’étude Ellen Bialystok, professeur de psychologie et chercheuse associée à l’Institut Rotman.
Par contre, nos résultats démontrent que les personnes qui ont été bilingues toute leur vie ont pu développer une réserve cognitive qui leur permet de demeurer fonctionnelles malgré la maladie et de jouir d’une plus longue période avant que les symptômes ne fassent réellement leur apparition.» C'est-à-dire que le capital cérébral des bilingues, plus élevé que celui des autres individus, permettrait au cerveau d’être protégé plus longtemps des dommages de la maladie d’Alzheimer.
Les symptômes d’Alzheimer retardés de 5 ans
Les chercheurs ont pu conclure que les individus bilingues sont en moyenne diagnostiqués Alzheimer 4,3 ans plus tard que les unilingues.
Par ailleurs, les symptômes de la maladie sont apparus cinq ans plus tard. Ellen Bialystok pense que le bilinguisme devrait être considéré non pas comme un simple atout culturel, mais véritablement comme un outil pour vieillir en bonne santé, de même que l’exercice physique est nécessaire aux muscles.
Il est donc important d’encourager les gens issus de l’immigration à continuer de parler leur langue maternelle et de la transmettre. Bien entendu, ces conseils s’ajoutent aux recommandations traditionnelles en termes d’hygiène de vie prodiguées par le corps médical.
Ainsi, il est important d’avoir une alimentation saine, de pratiquer de l’exercice physique et des loisirs intellectuels.
Alzheimer : un fléau qui s’étend
Rappelons que la maladie d'Alzheimer est la forme la plus fréquente de maladie neurodégénérative chez la personne âgée. Elle atteint environ 25 millions de personnes dans le monde, dont plus de 850 000 en France, et plus de 225 000 nouveaux cas sont détectés chaque année.
L’incidence de la maladie est appelée à augmenter parallèlement à l'allongement de la durée de la vie. La maladie concerne environ 5% des plus de 65 ans, et 20% des plus de 80 ans. On estime qu'en 2050 la France comptera trois fois plus de personnes âgées qu'aujourd'hui. Ceci laisse présager d'une forte augmentation du nombre de malades d'Alzheimer.
Malheureusement, il n’existe pour l’heure aucun traitement capable de freiner la maladie d’Alzheimer.
Toutefois, les pouvoirs publics, ayant pris conscience du problème, tentent de mettre en place des dispositifs d’aide en faveur des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, et de leurs aidants familiaux, qui subissent indirectement les dommages de ce terrible fléau.
En ce sens, les systèmes de maintien à domicile mais aussi l’accompagnement en maison de retraite s’améliorent, et se dotent progressivement d’équipements et de personnel soignant adapté.